20 novembre 2008

L'Avis de Goeffrey Lopez

« Mais t’aurais pas dû me la raconter cette histoire »
Il était une fois, le Comte Pierre, illustre écrivain, il vivait dans un grand manoir de famille, devant le fauteuil à ses pieds, siégeait le bon chien Jim, qui s’ennuyait depuis son retour d’Amazonie où il était parti avec son maître. La gouvernante est un peu colérique, certes, mais Pierre à une vie loin de tout soucis, une vie de rêve… Mais la vie du Comte Pierre, cette vie édénique, n’a lieu qu’entre les frontières de son imagination.


Pierre vit dans un appartement délabré, chaque jour entre les murs d’une cuisine minuscule et les coussins d’un canapé, il écrit petit à petit l’histoire de cette autre vie dans une multitude de petits cahiers d’écolier. Mais il ne se doutait pas qu’une princesse un jour frapperait à sa porte et se jetterait dans ses bras à lui, au Crapaud.
Lauréat du Grand Prix du Théâtre, cette pièce écrite par Chantal Alves Malignon a du génie. Pourquoi ? Car comme disait Aristote « Il n’est point de génie sans un grain de folie », et c’est de ce grain qu’est fait la pièce. Le spectateur est un peu malmené devant le simple duo que forme Pierre et Béatrice, la Princesse, car entre humour, folie douce et cruauté, on ne sait parfois plus sur quel pied danser. C’est une pièce vraie, l’on se reconnaît dans les traits de Béatrice ou de Pierre, ils sont des personnes au prime abord, comme tout le monde, l’on se rend compte bien vite cependant, qu’ils ne sont pas fait exactement du même bois que nous.


Entre monde merveilleux de l’enfance : plein de rêves, de cahiers et de contes ; et monde des adultes : sexe, jalousie et brutalité ; on ne sait pas bien l’où on va, mais on y est « traîné ».
Les acteurs sont efficaces, ils nous plongent sans hésiter dans la mare du Crapaud, et nous de rire, de sourire, mais aussi de nous inquiéter.
En bref, c’est une pièce à voir et une auteur à suivre.
N’hésitez pas et d’un bon sautez dans la mare.

Posté par chantalmalignon à 21:54 - - Permalien [#]