14 avril 2008
Le sujet de la pièce
C’est dans un manoir bordé de bois et d’étangs que Pierre, écrivain de renom, vit avec Jim, un très beau chien qui s’ennuie beaucoup, Ombrella, une bonne hispanique réfractaire à la langue de Voltaire et sa mère, un peu capricieuse mais tellement aimante !
Oui, Pierre a vraiment une vie de privilégié… qu’il mène en réalité entre les quatre murs de son imaginaire. Dans la vraie vie, Pierre habite l’appartement délabré d’une banlieue anonyme. Chaque jour, il réécrit mentalement son conte personnel dans lequel il tient le rôle de l’écrivain célèbre, entouré d’admirateurs et de femmes forcément subjuguées.
Même dans ces rêveries les plus folles, jamais Pierre n’aurait imaginé qu’une vraie femme, une femme de chair et de coeur, puisse tomber amoureuse d’un crapaud. Parfois la réalité est plus belle que les contes… ou pire.
La bio de l'auteur, Chantal Alves Malignon
Elle est née au bord d’un étang de 217 km2 plus connu pour ses perches que pour ses batraciens. C’est au bord du lac de Neuchâtel que Chantal Alves Malignon étudie les lettres, découvre Dürrenmatt, aime Eluard et bricole ses premiers mots. Et puis un jour, une de ses copines, oubliée depuis, la traîne à un cours d’art dramatique. Et là, poussée sur une scène pas plus grande que le tapis du salon parental, Chantal Alves dit un texte puisé dans les alexandrins de Musset … et c’est le choc ! Dans le court silence qui suit la dernière rime, elle décide qu’elle passera sa vie à déguster de bons textes sur un plateau.
Elle part pour Paris suivre les cours d’Yves Pignot. Devenue comédienne, elle tourne pour la télévision (dix ans) et fait sa première tentative d’écriture théâtrale (10 mois) avec Mort par Correspondance qui sera créée en Suisse. Le Crapaud est sa deuxième pièce. Elle a vingt huit ans. Elle fait ce que font tous les auteurs débutants à Paris, elle envoie son manuscrit à gauche à droite, pousse deux portes, passe trois coups de fils, tire quelques sonnettes, attend des journées entières derrière son répondeur (le téléphone portable est encore à l’état de prototype) … et finit par laisser tomber : Paris est trop grand, trop bruyant et désespérément sourd. Faute de baguette magique, le manuscrit est remisé au fond d’un tiroir et Chantal Alves Malignon regagne son clavier. Les pièces s’accumulent, elle s’essaye au spectacle musical, Smack ! mis en scène par Jean-Pierre Malignon, puis à l’adaptation avec Dans les Ténèbres de Pedro Almodovar, enfin à des pièces personnelles, Gammes, Qui quittera Georges en premier ?… et tant d’autres.
Et puis un jour, c’est la pièce qui fait déborder le tiroir. Le grand ras-le-bol. Aussi radicalement qu’elle avait décidé d’arrêter de tourner à la télévision pour écrire du théâtre, elle décide d’arrêter d’écrire pour gagner sa vie. On vient de lui proposer d’intégrer une agence de communication comme conceptrice-rédactrice et pendant dix ans, elle s’échinera à oublier ce qui l’a poussée à quitter son grand étang pour la Seine. Pendant dix ans, elle n’écrit pas, elle rédige.
Mais c’est plus fort que elle, il faut toujours que elle ouvre un petit document dans un coin pour y glisser un bout de dialogue ou ciseler une phrase… c’est ainsi qu’un mot après l’autre entre deux briefs, elle écrit le texte de La femme placard dont le spectacle sera créé au Théâtre du Petit Hébertot en 2007.
Mais c’est avant, en 2006, que remarquant dans un entrefilet de la Newsletter de la SACD l’annonce du concours ACT, Chantal Alves Malignon entend comme un coassement au fond du tiroir… et le coup de baguette magique se produit. Le Crapaud, c’est un peu l’enfant prodigue qui, revenant après quinze ans d’absence, vous saute dans les bras un beau jour de printemps en criant «Maman, on a gagné !»
Et là, vous ressentez la joie un peu hébétée de ceux qui n’attendaient plus.
Aujourd’hui, elle est revenue a ses vraies amours, le théâtre, pour lequel elle vient tout juste de terminer l’écriture de sa nouvelle pièce “J’arrête quand je veux. »
Je vous l’avoue, personnellement je voudrais bien ne plus jamais m’arrêter. Mais ça…
La bio du metteur en scène, Thierry Lavat

Après un passage par l’école Florent puis une formation à l’école nationale de la rue Blanche (ENSATT), sous la direction de professeurs tels que Christian Croset, Raymond Acquaviva, Redjep Mitrovitsa ou encore Aurélien Recoing, Thierrry Lavat entame son métier d’acteur sous la direction de Marcel Bluwal à La Comédie Française, dans « Intrigue et Amour » de F. Schiller. Puis il décide de fonder sa propre Compagnie, ayant un projet lui tenant très à cœur, « Bent » de M.Sherman. Cette compagnie est créée fin 1994, elle se nomme « DELTHINA ».
Le spectacle « Bent » est créé, et va se jouer dans un petit lieu à paris, l’Aktéon Théâtre et au Festival Off d’Avignon en 1996, remportant un vif succès. Et ce n’est que 8 ans après sa création et plusieurs tournées, que le spectacle sera repris à Paris au Théâtre de l’Oeuvre en 2002 , remportant même cette année là le Molière du meilleur spectacle, avec une distribution quasi identique à celle de la création, fidélité dans le travail et dans l’amitié…
Après et pendant cette période, Thierry Lavat exerce son métier d’acteur dans différents spectacles, mais continue de préparer des projets avec cette même équipe , et c’est ainsi que vont naître les spectacles « La Maman et la Putain » de Jean Eustache et « Pique nique au bord du styx » de J et J Recoing.
Le cinéma s’intéresse tout à coup à Thierry Lavat et plus particulièrement Philippe Lioret, qui le rencontre lors du tournage d’une publicité. Depuis leur collaboration ne s’est jamais arrêtée, « Mademoiselle » en 2002, « L’Equipier » en 2003 et enfin « Je vais bien merci » en 2005. Preuve que Thierry Lavat sait s’entourer d’une équipe au sein de Delthina , mais qu’il est aussi capable d’ être un fidèle chez les autres…
En 2003, Thierry Lavat décide d’installer Delthina à Balan, rempli de projets de création de salle de répétition et de Théâtre pour la ville de Sedan…. Un projet artistique va à nouveau réunir l’équipe, il s’agit de « La Mort au coin du bar » de Joe Penhall. Avec le soutien de la région, de la DRAC, et du CDN de Reims et de son directeur E. Demarcy-Mota, le spectacle a vu le jour le 10 Mai 2005 et a été repris dans le cadre de la Champagne-Ardenne en Avignon, à la caserne des pompiers, et s’est vu décerné à la suite de ce festival, le Prix Découverte ADAMI 2005.
En 2005, il lance ACT, le Concours Auteur Contemporain Théâtre, un concours d’auteur, unique en son genre, car le lauréat voit sa pièce produite, éditée et filmée. Thierry Lavat met en scène alors le lauréat 2005, « Les Pigeonniers » de Sylvette Durbiano au Théâtre Montansier de Versailles ainsi qu’« Enfants de la honte » de Catherine Courel-Locicero, le lauréat 2006. Il est en préparation du « Crapaud » de Chantal Alves Malignon, lauréat 2007 qui sera créé en Juin 2008, toujours au Théâtre Montansier.
Parallèlement il met en scène une pièce de J.C Barc « Chacun sa croix » à la Comédie Bastille et prépare un spectacle jeune public, « Etes vous prêt à servir votre reine » de Agathe Chouchan qui sera créé en Avril 2008 à la Comédie de Reims.
Il est en ce moment à l ‘affiche en tant que comédien dans la pièce « J’aime beaucoup ce que vous faites » à la Comédie Caumartin.
13 avril 2008
La bio du comédien, Gilles Kneusé

Aujourd’hui, et depuis maintenant 10 ans, la comédie est devenue pour lui un « métier ». Mais ce ne fut pas toujours le cas. Après des études de médecine, le concours de l’internat de Paris, Gilles Kneusé devient chirurgien. Mais déjà, en marge des études et des journées à l’hôpital, il se rend régulièrement au conservatoire du XV éme arrondissement à Paris pour y suivre les cours de de théâtre de Françoise Kanel. Et quand l’emploi du temps le permet, il joue dans des spectacles (Octave dans “Les caprices de Marianne” de Musset, “Montserrat” de Roblès…) notamment au Théâtre de Meudon dirigé par Robert Kimmich.
Et puis un jour, le hasard, la chance, lui ont fait croiser la route de Gérard Desarthe.
Sous sa direction il fait un stage sur « le drame romantique » au Centre Dramatique National de Savoie. De ce stage naît un premier spectacle « Lorenzino » adapté du Lorenzaccio de Musset, puis un second, l’année d’après, « Electre » adapté de la pièce de Jean Giraudoux.
Il fait alors le choix de laisser le scalpel de côté et de se consacrer au théâtre.
Depuis, il a joué, notamment, dans des mises en scène d’André Engel (“Woycek” de Buchner, “Le Jugement Dernier” d’Horvath, Le Roi Lear de Shakespeare, “La Petite Catherine de Heilbron” de Kleist), d’Anne Alvaro (“L’île des esclaves” de Marivaux), de Jérôme Kircher (“Je sais qu’il existe aussi des amours réciproques” d’après Romain Gary), de Patrick Pineau (“On est tous mortels un jour ou l’autre” d’Eugène Duriff), de Thierry Lavat (“Les enfants de la honte” de Catherine Locicero- Courel).
En marge de son parcours de comédien, il a également mis en scène plusieurs spectacles dont “L’épreuve” de Marivaux, et “Coco Perdu” adapté du roman de Louis Guilloux.
Il tourne par ailleurs pour la télé et le cinéma.
Avec “Le Crapaud”, il retrouve pour la seconde fois le metteur en scène Thierry Lavat.
La bio de la comédienne, Clémence Boué

Après sa formation au Conservatoire du X° arrt. auprès de J.L Bihoreau et J.P Martino, Clémence a travaillé au théâtre avec Jean-Louis Bihoreau (“André del Sarto”), Olivier Foubert (“Légères en Août”), Brigitte Jacques (“Angels in America” ), Jean-Luc Tardieu (“La Mort qui fait le trottoir”), Nicolas Thibault (“Dissonances” – “Après la pluie” – “Le Sang”), Jean-Pierre Hané (“La Maison Tellier”), Laurent Serrano (“Mille francs de récompense” – “Le Dragon” – “Kvetch”). Pour la télévision, elle a tourné avec Claude d’Anna, Alain Sachs, Emmanuelle Bercot, Pierre Lary, Philippe De Broca, Jean-Denis Robert, Patrick Volson, Rainer Kaufmann, Stéphane Kappès, Jacques Fansten, Christiane Le Herrissey,…
Pendant plusieurs années elle fut aussi “Pimprenelle” aux côtés de Pascal Légitimus, Yvon Back et Christian Hecq dans la série “Crimes en série” réalisée pas Patrick Dewolf. On la verra prochainement dans “Je suis heureux que ma mère soit vivante” de Claude et Nathan Miller.
12 avril 2008
La bio du décorateur, Emmanuel Charles
Après un diplôme de l’école supérieure des Arts appliqués de la ville de Lyon,
en architecture intérieure, Emmanuel Charles conçoit et réalise les décors d’une série de films d’animation pour enfants « Mon âne » de Pascal Lenôtre à Folimage Valence, Un univers de cartons colorés et habillés de craft dans lequel évoluent des personnages en pâtes à modeler.
Il monte à Paris pour travailler à la direction technique de l’Opéra de Paris Bastille, aux côtés de Stefano Pace, Il réalise maquettes, suivi de construction de décors, peintures et patines sur le « Mahagonny » de Maria Bjornson .
Il travaille ensuite à la conception des décors virtuels d’un jeu vidéo pour la société Ubisoft, et ainsi dessine une « Egypte bricolé et de guingois » à
l’aide de nouveaux outils graphique painter et photoshop.
Depuis plus de dix années, il dessine scénographies et atmosphère lumière :
Pour l’évènementiel, spectacles d’inaugurations, expositions (« Un autre regard sur le matériel de la SNCF » à la villette, inauguration TGV etc.) Au théâtre, il conçoit les décors de “Pélléas et Mélisande” mis en scène par Pierre Guillois,
“Roméo et Juliette” mis en scène par Benoit Lavigne ou encore “Pale Horse” mis en scène par Thierry Lavat. Sur son site (voir lien ci-contre), vous trouverez en images les différents temps forts de son parcours.
Lecture au Jardin du Luxembourg
Thierry : Pierre est un grand enfant à qui l‘on a raconté trop de contes de fées…
Gilles : Mais qui les lui a racontés ? Sa mère ?
Thierry : Il n’a jamais connu sa mère, c’est dans le texte…
Clémence : Non, il a écrit dans son fameux cahier bleu que sa mère l’aurait abandonné à sa naissance. Ce qui ne veut pas dire…
Thierry : … que ce soit vrai.
Pendant ce temps-là au jardin du Luxembourg, les petites princesses font du vélo. Et les crapauds rêvent de jours de pluie.
11 avril 2008
Les premières lectures
LE DECOR
Un appartement modeste d’un vieil immeuble parisien.
La pièce principale est composée d’un coin salon avec un canapé lit. Dans un autre coin, une kitchenette. A jardin, une porte entrebâillée donnant sur une chambre. A fond cour, la porte d’entrée de l’appartement.
Tout y est défraîchi et sans âge, du canapé convertible au tissu rapiécé jusqu’à la lampe à pompons posée sur le fauteuil club éventré.
Il y règne un désordre indescriptible, dû au nombre vertigineux d’objets, de cartons, de disques et de livres. Même le portant n’arrive plus à contenir les chemises et les pantalons, tous dans les mêmes tons bleus.
Seul, le poste de télévision ultra design a trouvé sa place d’honneur devant le fauteuil club.
Les premières indications
Pierre un type normal pour peu qu'un type normal vive avec sa mère à quarante piges.
…
…
Béatrice est une femme amoureuse et malheureuse, ce qui peut être complémentaire.
Les premières interrogations
Si Pierre vit avec sa mère, où est le père ?


